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Editos

La nouvelle répartition des savoir-faire : une belle opportunité pour les PME !

Depuis déjà plusieurs décennies, on assiste à un transfert des savoir entre les donneurs d’ordre et leur sous-traitants. Dans les pratiques d’autrefois, les bureaux d’études, les grandes entreprises disposaient d’équipes techniques compétentes capables de définir leurs besoins et d’écrire des cahiers des charges bien ficelés et directement utilisables par « leurs façonniers ». Au fil des années, au gré des restructurations, de la place prise par les activités périphériques (Qualité, environnement, juridique,…), les donneurs d’ordre ont délaissé leur cœur de métier et donc une certaine expertise qu’ils maîtrisaient parfaitement. Afin de se concentrer sur le design, la conception, les activités d’assemblage, ils ont inconsciemment abandonné des pans entiers de compétences et d’expertises parfois acquis au fil de plusieurs générations. Dans certains secteurs, les tentations de délocalisation dans des pays à faible coût ont participé également à l’amplification de ce phénomène. Aux raisons précédemment évoquées, il faut ajouter la complexification des techniques et la vitesse des innovations qu’il n’est plus possible de capter en tant que généraliste.

Cette tendance n’est pas propre à un secteur particulier mais se retrouve de manière assez générale. A titre d’exemple, les connaissances techniques relatives au rail ont quitté la SNCF, les architectes devenus malgré eux des juristes doivent s’en remettre à chaque corps de métier qui apparaît aujourd’hui comme seul capable de réaliser un ouvrage de manière innovante et pérenne. Dans l’automobile, l’innovation vient des sous-traitants de 1er rang qui proposent aux constructeurs de nouvelles options et des solutions technologiquement innovantes. En ce qui concerne l’industrie mécanique, il n’est pas rare qu’une entreprise de mécanique travaillant pour un grand compte travaille en co-conception avec son donneur d’ordre. Dans bien des secteurs, les plans reçus doivent être largement retravaillés pour être concrètement utilisés et déboucher sur la réalisation de travaux ou de produits. Dans la mécanique, dans l’outillage par exemple, c’est le savoir-faire du sous-traitant qui peut donner un avantage concurrentiel décisif à son client. Bien que l’écart de taille soit maintenu, le rapport de force redevient alors équilibré entre les deux partenaires.

On savait déjà que l’innovation était plus facilement réalisable au sein de PME plus souples et réactives, on constate aujourd’hui que le savoir lui-même demeure de plus en plus entre leurs seules mains. Les PME sont devenues à certains égards les dernières détentrices de savoir-faire sans lesquels les grandes entreprises ne tourneraient plus. Cette nouvelle donne rend la direction de PME d’autant plus excitante et offre à leurs dirigeants bien des satisfactions aussi bien en terme de réalisations entrepreneuriales qu’en terme de sens donné à leur travail, sens indispensable par ailleurs au regard des investissements en temps et en argent qu’ils consentent. Alors, futurs repreneurs, si vous aviez un doute sur le rôle des PME, n’ayez crainte ! Elles sont devenues plus que jamais des poumons indispensables à la bonne respiration de l’économie.

Thierry POUROT
Associé Gérant
CABINET RICHEMONT
Rapprochement & transmission d’entreprises

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